Dégel
Manuela Martelli
1
avec Maya O’Rourke, Saskia Rosendahl, Jakub Gierszal.
Drame, 1h48, 2026.
« Chili 1992. Le pays reste marqué par des années de dictature. Alors qu'elle est gardée par ses grands-parents dans leur hôtel en station de ski, Inès neuf ans, se lie d'amitié avec Anna, une jeune sportive venue d'Allemagne. Lorsque celle-ci disparaît sans laisser de trace, l'enfant cherche à comprendre…. »
Un film sobre qui ne repose que sur des symboles. Leur accumulation est telle que cela rend le propos opaque et au final le spectateur sort de la séance relativement perplexe. Le contexte politique est réduit à de brèves informations en arrière-plan, à des scènes muettes, surprises par une enfant, à des non-dits qui semblent lourds d'un sens qui la plupart du temps nous échappe.
On ne ressent que la solitude d'une enfant qui est dans un grand hôtel, qui observe le monde des adultes, sans le comprendre et qui s'accroche à ceux qui veulent bien lui témoigner, ne serait-ce qu'une minute d'intérêt.
Il faut lire les intentions de la réalisatrice pour être assurés que, derrière ces images, se concentrent tous les traumatismes du Chili.
Inès est gardée dans l'hôtel de ses grands-parents, ses parents étant à l'Exposition universelle de Séville de 1992 où le Chili expose un iceberg !
Voilà le premier de la longue liste des symboles égrainés par le film. Un iceberg possède une partie immergée, les atrocités commises pendant la dictature de Pinochet. Une fois la partie supérieure fondue, l'histoire du pays sera mise à jour.
Avec le dégel tout refait toujours surface.
Parallèlement l'histoire de la jeune skieuse allemande à laquelle s'attache Inès, reste mystérieuse.
Si nous n’apprécions guère les films qui nous mâchent le travail, il en va de même pour ceux qui nous laissent totalement au bord de la route.
Nous ne serons pas éclairés sur ses rapports avec son entraîneur, sur l'histoire de sa mère qui semble pourtant en lien étroit avec celle de la fille.
Quid aussi de l’attitude ambiguë des propriétaires de l'hôtel dont le seul but est d'éviter de faire des vagues autour de la disparition de leur jeune cliente pour ne pas effrayer les investisseurs étrangers.
On ressort de la séance avec une foule de sensations et de questions sans savoir exactement ce qu'on a vu !

