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Le gâteau du président

de Hasan Hadi

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avec Baneen Ahmad Nayyef, Sajad Mohamad Qasem

Drame, 1h42, 2026


« Dans l'Irak de Saddam Hussein, Lamia neuf ans, se voit confier la lourde tâche de confectionner un gâteau pour célébrer l'anniversaire du président.

Sa quête d'ingrédients, accompagnée de son ami Saeed, bouleverse son quotidien. »


Le gâteau du président est une fable émouvante qui confronte des enfants à la dure réalité d'un pays en guerre et soumis à une dictature.

Dès le début du film, le spectateur découvre des paysages atypiques par rapport à l'image qu'on se fait de l'Irak. Lamia, la jeune héroïne et sa grand-mère, vivent dans un village sur l'eau. C'est en barque que la petite se rend à l'école où l'ambiance est militaire et le culte de la personnalité la base du système scolaire.


À chaque étape du film, on constate que la corruption est un mode de fonctionnement à tous les échelons. Rendre un service à l'instituteur (qui est membre de l'armée !) pour échapper à une corvée, faire un don pour l'anniversaire de Saddam Hussein à un barrage routier….

Le cinéaste a vécu lui même pendant sa jeunesse, l'injustice de ce tirage au sort qui répartit les tâches pour que l'ensemble du pays « fête » l'anniversaire de son dirigeant.

Lamia n'aura pas la chance de Hasan Hadi, son nom est tiré pour la confection du gâteau. 

Celle qui ne fait pas trois repas par jour, dont la grand-mère très âgée ne va plus pouvoir travailler, qui n’a qu'une pomme dans son cartable pour sa journée d'école  (volée par le maître) doit trouver des œufs, du sucre, de la farine et de la levure, toutes choses particulièrement difficiles à se procurer en Irak à cette époque.


Son périple à la ville avec son ami Saeed va la confronter à des situations dont toute famille voudrait préserver ses enfants.

Pauvreté, crise économique, pouvoir militaire ne font pas ressortir les meilleurs côtés de l'être humain ! Pour un gentil, il y a dix salauds.

Des arnaques basiques qui profitent de la naïveté des enfants, aux violences sexuelles, tout le palmarès de l'exploitation des plus faibles est là. 

En suivant la tenace petite fille, le spectateur parcourt la ville avec elle et pénètre dans toutes les couches de la société :  marchands, policiers...

La mésaventure de sa grand-mère nous ouvre les portes de l'hôpital dont le mode de fonctionnement ne semble guère différent du reste de la société.


Les deux enfants sont d'une beauté bouleversante dans ce monde de brutes. Hasan Hadi alterne habilement tendresse, poésie, drame, critique de la dictature mais aussi humour.

Ce tableau de l'Irak de Saddam Hussein manque parfois de clés pour le spectateur occidental mais le film n’en demeure pas moins intéressant tout autant que poignant.

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