L'Amour à temps
Winckler Martin
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P.O.L. , 2026
« Quand j'ai débarqué à Tours (Indre-et-Loire) au printemps 1968, c'était pour enquêter sur ce que mes parents y avait vécu pendant la guerre. J'étais très loin d'imaginer que, ce printemps-là, tout le pays serait secoué par une révolte étudiante et paralysée par une grève générale, que je tomberai amoureux, et que mon histoire d'amour me transporterait en 1942 dans la France de l'occupation ! »
On prend plaisir dans la première partie avec un roman historique et féministe. L'intérêt s’émousse, voire disparaît, avec la deuxième partie qui sombre dans le roman fantastique trop teinté de sentimentalisme.
En 1968, Rachel, jeune étudiante canadienne, cherche à comprendre le passé de ses parents. Le mutisme de ces derniers sur les années de guerre, lui laisse entrevoir des traumatismes profonds.
Dans le cadre d'un séjour estudiantin en France, elle va se pencher dans les archives et l'histoire de l'occupation en France.
Elle découvre que, parallèlement à la résistance contre l'occupant nazi, une autre forme de résistance s'opère, celle contre le patriarcat qui entrave les femmes jusque dans leur corps .
Martin winckler nous offre dans cette première partie un tableau historique et sociologique passionnant, dans lequel il est question d'avortements clandestins, d'aide aux femmes, de prises de risques de (trop peu) de médecins et infirmiers…
L'auteur mêle alors harmonieusement fiction, témoignages, documentation restituant le contact et l'ambiance aussi bien des années 1942 que 1968.
Bien sûr, comme la plupart du temps, beaucoup de personnages de Martin Winckler sont si gentils qu'ils en deviennent irréels mais dans ce monde de brut, on a bien envie d'y croire !!
La deuxième partie est d'autant plus décevante puisque, même si elle va tout révéler sur les parents de Raquel, elle semble lâcher son sujet.
Le versant « science-fiction » nous a laissé perplexes.
L’amour à temps devient une histoire d'amour inutilementcompliquée sur fond de guerre.
Ce changement de cap est assez étonnant et nous est resté plutôt mystérieux. Chez un auteur qu'on apprécie, on craint toujours l'arrivée du livre qui va moins trouver grâce à nos yeux. Pour Martin Winckler, on pourra dire que c'est celui-ci !!!
The world of Love de Ga Eun Yaon
avec Su-bin Seo, Jang Hye-jin
comédie dramatique, 1h59, 2026
« Jao-in est une lycéenne espiègle et apréciéee de tous. Un jour, un camarade de classe lance une pétition que tous élèves signent sauf elle. Son monde, en apparence paisible et insouciant, dissimule un passé douloureux auquel Jao-in est alors contrainte de faire face. Mais loin de se laisser enfermer, elle choisit d'avancer et de se réinventer. »
The World of Love est un film touchant mais il est surtout très subtil et intelligent. Ga Eun Yaon nous offre un regard neuf et intéressant sur un thème très exploité en ce moment au cinéma : les agressions sexuelles sur mineur.
La cinéaste porte son propos sur l'après, sur la difficile reconstruction post-traumatique, tout en ouvrant une voie originale et porteuse d'espoir.
La raison pour laquelle Jao-in refuse de signer la pétition de son camarade est très belle. Si elle est une victime, elle refuse d'être assignée au rôle que la société plaque sur celle-ci.
Tous les aspects du drame sont posés progressivement de manière très habile. On voit comment la colère de la jeune fille est difficile à contenir malgré les apparences. Les répercussions sur la famille sont comprises que petit à petit.
On perçoit les implications de la prise de parole de la victime avec les changements de comportements de son entourage : suspicions, gêne, critique….
Jao-in est délurée, trop selon certains, elle ne correspond pas à l'image de la victime qu'on voudrait anéantie, dépressive, déprimée..
Si le film traîne parfois en longueur, on est bien embarqué par ce personnage, plein de vitalité, qui revendique son droit au bonheur.
On peut, parfois, être dérouté par des situations qui ne correspondent pas à notre monde de fonctionnement occidental mais le fond du problème reste bien malheureusement universel.
