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Labyrinthe des sentiments

Ben Jelloun Tahar

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Point, 1999


« Flânant dans Naples, Gharib rencontre la belle et sensuelle Wahida, une prostituée sous le joug de la mafia albanaise. Pour la sauver, Gharib décide de lui apprendre ce qu'est le vrai amour. Hanté lui-même par le souvenir une folle passion, il lui récite des poèmes, l'entraîne à travers la ville, l’admire sans jamais céder à son désir. »


Cet ouvrage très court navigue entre romanesque et poésie. L'histoire d'un amour platonique entre un poète et une jeune femme qui semble un peu s’être perdue dans le regard des hommes, n'est qu'un prétexte pour célébrer la ville de Naples.


Gharib est un poète d'origine marocaine venu faire des lectures publiques à l'Institut français. Tahar Ben Jelloun brouille quelque peu les pistes car son personnage pourrait être tout à fait lui. Il semble se jouer des codes pour son plaisir et peut-être aussi pour intriguer ses lecteurs. Allant jusqu'à introduire l'artiste Ernest Pignon-Ernest, comme illustrateur de son ouvrage et personnage de sa fiction.


Wahida est une jeune marocaine dont le prince charmant à tout l'air d'être un proxénète. Son histoire est pour l'auteur l'occasion de fustiger son pays d'origine qui ne propose guère de perspective à sa jeunesse mais également à cette génération trop facilement éblouie par l'argent facile.


L'ensemble est un bel hommage à l'amour avec un grand A et à la turbulente Naples.

Dans cette déambulation à travers la ville, Gharib en dévoile toutes les facettes à la jeune Wahida. Naples c'est le scintillement des eaux de sa baie mais aussi la violence de sa mafia, ce sont ses vestiges millénaires tout autant que la crasse de ses rues, c'est l'ombre menaçante du Vésuve comme celle d'un coup de couteau dans un règlement de compte.


Le labyrinthe des sentiments porte bien son nom car dans ces pages, on retrouve le dédale des ruelles qui dévalent les collines du Vomero pour perdre le promeneur dans le quartier espagnol.

Ce n'est pas pour l'intrigue fictionnelle, bien mince, qu'on lira ce livre mais pour l'ambiance d'une ville qui reste à jamais atypique et mystérieuse.

Ce sera également l'occasion d'en apprendre plus sur le travail que réalisa Ernest Pignon-Ernest à Naples dans les années 1990.

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