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Quatre jours sans ma mère

Kefi Ramsès

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Éditions Philippe Rey, 2025


« Un soir, Amani, soixante sept ans, femme de ménage à la retraite dans une cité HLM paisible, en bordure de forêt, s'en va. Pas de dispute, pas de cris, pas de valise non plus. Juste une casserole de pâtes piquantes laissée sur la cuisinière et un mot griffonné à la hâte : “ Je dois partir, vraiment.  Mais je reviendrai”.

Son mari Hédi, ancien maçon bougon, chancelle.

Son fils Salmane s'effondre. À trente six ans, il vit encore chez ses parents, travaille dans un fast-food, fuit l'amour et gaspille ses nuits sur un parking avec son meilleur ami, Archie et d'autres copains cabossés….»


Ce premier roman est très touchant. Tout en soignant la psychologie de ses personnages, Ramsès Kefi tisse une histoire intéressante sur la filiation, l'amour, l'amitié et l'attachement à son cadre de vie.


Le narrateur a trente six ans et sa vie semble être bloquée à la veille de l'âge adulte. Son bac en poche et la poursuite d'études supérieures ont fait la fierté de ses parents mais le chemin s'arrête là. Il vit dans sa chambre d'enfant restée intact et fuit tout ce qui ressemble à un quelconque engagement.


La fugue de sa mère sera un révélateur pour ce gentil mais « mauvais fils ». La prise de conscience de Salmane est intime mais l'histoire de ses parents rend le propos plus large et dépasse les simples personnages du roman.

En partant à la recherche de sa mère, le fils retrace l'histoire familiale. Si celle-ci se termine dans la cité HLM de la Caverne, il découvrira petit à petit les circonstances de l'arrivée de ses parents en France.


Ces pages sont également l'occasion de dérouler la vie quotidienne dans un quartier populaire, les ambiances, les codes et l'évolution d'une génération à une autre. Les personnages évoluent sous nos yeux et on se prend d'affection pour eux. 

Dès le départ, on aime Amani , épouse et mère négligée par les siens, mais au fond, bien plus forte et courageuse que ce son entourage ne le pense

Salmane qui du haut de ses trente six ans est perdu sans « sa maman » et sera capable de se remettre en cause. 

Hédi dont on comprend le mal-être à l'issue de la lecture.


En filigrane, Ramsès Kefi démontre comment inconsciemment le poids du passé et les non-dits peuvent empêcher d'avancer dans la vie.

Quatre jours sans ma mère est un roman d'une grande sensibilité, plein de tendresse, tout en distillant de très sympathiques touches d'humour.

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