Montedidio
De Luca Erri
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Folio, 2002
« Le narrateur est un garçon de treize ans qui vit à Montedidio, un quartier de Naples, dans l'immédiat après-guerre. Apprenti menuisier d’une famille très modeste dans laquelle on parle le Napolitain. Sa vie évolue au gré des rencontres. Celle de don Rafaniello, rescapé de la Shoah, sera déterminante.»
Entre roman initiatique et conte philosophique, Erri de Luca nous embarque dans une histoire très touchante. Les réfractaires à la poésie, à la multiplication des images et autres métaphores, ne goûteront guère à l'amitié qui lie le jeune héros au cordonnier énigmatique rescapé de la Shoah. Ce dernier, terriblement sympathique, humaniste et philosophe se donne pour destiné de rejoindre Jérusalem à l'aide des ailes qu'il aurait sous sa bosse…
Toutes leurs rencontres donnent lieu à des réflexions hautement existentielles. On peut y rester insensible, mais force est de constater que le jeune apprenti menuisier a bien besoin d'être épaulé et guidé dans ce monde où l'enfance cesse autour de la dizaine d'années et de manière brutale.
Parallèlement l’auteur nous offre des moments de vie dans un quartier pauvre de Naples. Les travailleurs y cheminent parfois sans soulier, des enfants sont mis au travail pour rapporter un maigre salaire au foyer, des violences sexuelles s'exercent sur les plus vulnérables.
Ce tableau très sombre est dressé par petites touches dans un style à la fois naïf (utilisation du présent) et plein de pudeur. Dans cette vie de misère, le jeune narrateur va cependant faire de belles rencontres, découvrant l'amitié avec Don Rafaniello, l'amour avec Maria et la nécessité d'avoir des projets, comme celui d'apprendre à manier ce merveilleux objet « le boomeran » que son père lui a ramené d'un déchargement du port.
L'entrée dans la vie adulte est brutale mais tout le roman d’Erri De Luca met en lumière la nécessité de solidarité pour affronter la misère.
C'est beau, si on accepte de se laisser porter par les passages très poetico-philosophiques.
