Une pension en Italie
Besson Philippe
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Julliard, 2026
« Milieu des années 60, en Toscane. Un été caniculaire. Une famille française en villégiature. Un événement inattendu. Des vies qui basculent irrémédiablement. Un secret qui s'impose aussitôt. Un écrivain, héritier de cette histoire, en quête de vérité. »
Que c'est beau mais que c'est triste ! Que c'est triste mais que c'est beau ! Avec cette sensibilité que nous apprécions tant chez lui, Philippe Besson nous entraîne dans un drame bouleversant.
Le roman navigue entre deux temporalités :
De nos jours, un écrivain enquête sur son grand-père dont l'histoire semble avoir été méticuleusement effacée du récit familial.
Ses recherches l’amènent à retracer son parcours jusqu'à ce séjour en Toscane qui changera le cours de plusieurs vies.
Été 1964, Paul Virsac, professeur d'italien, part en Italie avec Gaby sa femme, Suzanne et Colette ses filles. La pension de vacances dans laquelle il réside, sera le lieu d'une révélation, d'une prise de conscience, d'une libération tout autant que d'un drame.
Les descriptions de l'Italie sont exceptionnelles. Les paysages, écrasés de chaleur, les visites incontournables d'un patrimoine particulièrement riche qu'on fait avec une certaine indolence, tant on préférerait siroter une boisson fraîche sur une terrasse ombragée…. sont racontés avec des mots à la fois si simples et si justes.
Philippe Besson est tout autant, si ce n'est encore plus, talentueux dans la restitution des silences, de ces non-dits qui rongent les êtres de l'intérieur. Il n'est pas question de divulguer ici le nœud du drame, même si le lecteur comprendra assez vite sa nature, on se plaît à avancer à petit pas avec Paul Virsac dans un tournant de sa vie et avec son petit-fils qui découvre les points communs qui le lient à ce grand-père qui lui est inconnu.
Le narrateur s'interrogera sur l'évolution de la société. Les mœurs ont changé, la vision de l'amour, des relations… a évolué mais est-ce devenu si facile d'être soi ?
Le cœur de ce roman est cette question existentielle primordiale de « vivre sa vie » en se libérant de l'image que les autres projettent sur nous.
En décidant « d'être lui » Paul Virsac bouleversera la vie de ceux qui l'entourent autant que la sienne. Son épouse qui le fera disparaître de la mémoire familiale, ses filles qui seront élevées dans le secret.
Une pension en Italie est un roman sur l’intime qui résonne pourtant de façon universelle. Comme à son habitude, Philippe Besson touche au plus près des sentiments humains avec une capacité d'empathie assez exceptionnelle.
Du grand Besson, qui décidément ne nous laisse pas insensible !
