Septembre noir
Veronesi Sandro
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Grasset, 2026
« Luigi Bellandi, professeur et traducteur, se remémore l'été 1972. Il a alors douze ans et quatre mois lorsqu'il retrouve la maison de vacances que sa famille loue chaque année dans une station balnéaire de la côte toscane. Pour celui que l'on surnomme Gigio, c'est la saison des découvertes - la musique, la littérature et la naissance du désir. Les Jeux olympiques de Munich débutent et l'éclosion des premières amours pourraient être joyeuse si l'on ne préssentait pas l'avènement d'un drame intime, familial et politique… »
Septembre noir est le nom donné à l'organisation responsable de l'attentat terroriste, lors des Jeux olympiques de Munich le 5 septembre 1972. Onze israéliens sont pris en otage, et l’attaque se solde par un bain de sang.
Le titre et la quatrième de couverture peuvent laisser supposer que cet événement marquant à une incidence sur la vie du héros. Si c'est ce qu'on souhaite, mieux vaut passer son chemin car la déception sera à la hauteur de la très longue attente !
Il devait être question d'un « drame intime, familial et politique » mais au final, le troisième volet ne sert que de toile de fond à une histoire personnelle assez banale dans le sens où elle a été maintes fois explorée par la littérature.
On peut aussi voir le propos comme une démonstration de la relativité des points de vue. À douze ans, ( dans une famille sans souci financier habitant d'un pays en paix…) on est plus sensible aux drames familiaux que mondiaux.
Si l’auteur avait ce désir, une nouvelle aurait largement fait l'affaire.
Dès le départ, Gigio, le narrateur nous plante le décor et nous promet la révélation d'un événement qui a bouleversé sa vie. Sa mère, irlandaise, toujours très regardée à cause de sa chevelure rousse, son père italien, avocat passionné par son bateau, sa sœur, les compagnons de plage, Astel avec qui il va nouer une relation particulière….
Tout l'entourage est décrit par le menu.
Quand Gigio écoute de la musique, le lecteur a droit à plusieurs pages qui ressemblent à un catalogue de disquaire.
Quand il s'intéresse au sport, on a l'impression de lire l'Équipe.
La promesse de la révélation est sans cesse repoussée, ce qui émousse très largement l'intérêt.
Les cinquante dernières pages changent de rythme et lèvent tous les mystères mais on peine presque à y accorder l'importance qu'elles méritent, tant l'ennui s'est installé !
