top of page

La vie, impair et passe

Guenassia Jean-Michel

photo (7).heic
1
essai4.png

Albin Michel 2026


« À cause d'un stupide quiproquo, Dany, fils et petit-fils de forain se retrouve un jour abandonné par sa communauté. Grâce à cette mésaventure originelle, il atterrit chez Lucie et son compagnon Hector, un braqueur mélancolique passionné d'opéra. Son existence en sera définitivement chamboulée comme celle de tous les protagonistes de cette histoire menée tambour battant. »


Ce roman est plaisant mais peine à nous embarquer totalement. Beaucoup de situations sont peu crédibles et certains traits de caractère paraissent parfois manquer de cohérence.

Cela dit, ce n'est pas là le plus dérangeant. Puisque la réalité dépasse souvent la fiction, l'inverse peut bien être vrai également.

C'est plutôt la construction qui n'a pas toujours suscité notre adhésion.


De très longs passages descriptifs plantent très bien le décor mais frisent dangereusement avec un début de lassitude. Souvent ces longueurs se terminent par un coup de théâtre fracassant qui laisse un peu le lecteur sur sa faim. Il nous a semblé que ce procédé a été trop largement utilisé ici.


Il n'en reste pas moins que Jean-Michel Guenaccia possède un véritable talent de conteur. On suit la vie de Dany et chaque partie de l'ouvrage mettra en lumière un personnage important de sa vie. On entre dans différents mondes et lieux : la vie des forains, la ville de Sète, le quotidien d'un braqueur, une pizzeria…. 


La musique joue un rôle particulier dans cette histoire source de bonheur pour les uns, elle sera à l'origine de déconvenues pour d'autres.

La palette des genres est large :  la musique des gitans, l'Opéra, Kurt Cobain, la variété française.


Le fil conducteur de ce livre très romanesque est sans aucun doute le poids de l'abandon.

Il est ausculté dans toutes ses formes. Dany est persuadé d'avoir été abandonné sciemment par sa mère avec qui il a des relations très difficiles.

Cela conditionnera le reste de sa vie. Ses liens avec Lucie sont aussi marqués par un abandon. Les filles de cette dernière n’échapperont pas au traumatisme de l'idée de ne pas être assez aimé pour être choisi.


La démonstration est intéressante, on mesure bien l'enchaînement des situations malheureuses ayant pour point de départ des malentendus et des non-dits.

Si ce roman reste un agréable moment de lecture, on l'aurait sûrement plus apprécié s'il avait été moins délayé.

icone retour.jpg
Retour vers l'escapade ou le parcours
bottom of page