Chroniques d'Haïfa, Histoires Palestiniennes
Scandar Copti
2
Avec Manar Shebab, Toufik Danial, Wafaa Aoun, Raed Burbara
Drame, 2h04, 2025
« Dans une famille palestinienne de Haifa, Fifi vingt-cinq ans est hospitalisée après un accident de voiture qui risque de révéler son secret.
Son frère Rami apprend que sa petite amie juive est enceinte. Leur mère Hanan tente de préserver les apparences, tandis que le père affronte des difficultés financières.
Quatre voix, une maison, entre conflits générationnels et tabous dans cette société où tout peut basculer à tout moment. »
En plaçant une caméra au plus près de ses personnages et en choisissant des personnes issues de la vie réelle pour interpréter certains rôles, Scandar Copti s'approche du film documentaire.
Ce film chorale ne donne jamais une vue d'ensemble. À partir de quatre personnages, on revit les mêmes scènes mais d'un point de vue différent. Le spectateur n'obtient des informations qu’au compte-gouttes et ne comprend les enjeux que dans la dernière partie du film.
Le début est brouillon. On a du mal à repérer les personnages et la chronologie étant bouleversée, on se sent perdu dans une narration qui semble décousue.
Une fois qu'on a intégré le principe, on trouve le choix du cinéaste intéressant. Il force le spectateur à réviser son jugement à chaque découverte. De plus, la tension monte ainsi progressivement et permet de voir chacun évoluer dans un pays où les antagonismes ne manquent pas entre et au sein des communautés.
Fifi, palestinienne en stage dans une école maternelle israélienne, doit écouter l'embrigadement d'État opéré auprès de très jeunes enfants. Il faudrait même qu'elle les aide à écrire des mots d'encouragements aux « gentils soldats ».
Shirley ne sait pas à quel point sa sœur est prête à toutes les cruautés pour l'empêcher d'avoir son bébé conçu avec un Palestinien. Juifs et arabes vivent séparément sur le même espace. Ils peuvent être liés par le travail, les affaires, dans les services publics… mais une frontière ne peut pas être franchie, celle de l'intimité !
Ce fait, étant semble-t-il intégré, le maintien des apparences prend une place prépondérante dans les rapports sociaux et pèse lourdement sur les jeunes générations.
Chroniques d’Haifa, histoires palestiniennes souffre de longueur et nous laisse sur notre faim quant au devenir de certains personnages.
Malgré tout, le propos reste fort et la forme originale est intéressante.

