Palestine 36
de Annemarie Jacir
1
avec Jérémy Irons, Hiam Abbass, Yasmine Al Massri
Drame, 1h59, 2026.
« Palestine 1936. La grande révolte arabe destinée à faire émerger un État indépendant, se prépare alors que le territoire est sous mandat britannique. »
Palestine 36 pourrait être un film passionnant…. il est juste intéressant. Le volet historique est bien mené. Il remet en mémoire le déroulement des événements, tout en pointant la responsabilité des pays européens dans les tragédies qui vont suivre avec la création d'Israël.
La partie fictionnelle, elle, souffre de nombreuses faiblesses. On met un certain temps à identifier précisément les différents protagonistes, leur rôle et leur évolution au cours de l'histoire. Certaines situations ne sont pas explicitées, laissant un peu perplexe le spectateur .
Celui-ci survole la vie de multiples personnages, papillonnant de l'un à l'autre, sans cerner véritablement leur psychologie, ni s'attacher à eux.
D'autres scènes sont, quant à elles, cousues de fil blanc.
Pour apprécier le film on s'attachera plutôt à la chronologie historique et à l'évocation des ambiances, notamment la violence de l'occupation étrangère. On ressent le désarroi qui se transforme légitimement en colère d'une population dont les terres ancestrales sont répertoriées, démantelées et données à des familles juives fuyant l'Europe et ses menaces fascistes. Ce dernier point est d'aileurs peu développé.
Les palestiniens font face à une armée non seulement d'occupation, mais aussi de colonisation.
Leur grande grève, prémices d'une révolte qui ne marque que le début de la tragédie qui se joue encore actuellement, est clairement mise en images.
Le film donne un rôle assez prépondérant aux femmes. À noter cependant, qu'elles sont plutôt absentes des images d'archives qui agrémentent la mise en perspective.
Palestine 36 n’est cinématographiquement parlant pas un très bon film. Il a cependant le mérite de revenir sur les racines d'un conflit qui secoue le monde depuis 90 ans. La narration historique est intéressante, la fiction très décousue est bien peu passionnante !

